Par Virginie Beaumeunier, Présidente de l’Observatoire des délais de paiement, Hassiba Kaabêche, Médiatrice nationale du crédit, Vice-présidente de l’Observatoire des délais de paiement et Thomas Allen, Rapporteur, Banque de France, Direction des Entreprises.

Après la phase de stagnation observée en 2023, la dynamique de réduction des délais de paiement amorcée depuis la crise sanitaire s’est poursuivie en 2024, tant pour les délais clients que pour les délais fournisseurs, selon les données de la Banque de France. Cette amélioration, d’ampleur équivalente (–1,5 jour de chiffre d’affaires pour les délais clients et –1,5 jour d’achats pour les délais fournisseurs), confirme une tendance favorable en matière de comportement de paiement pour de nombreux acteurs. Elle doit toutefois être nuancée, car ces moyennes agrégées masquent des évolutions hétérogènes par taille d’entreprise et secteur d’activité. La réduction observée entre 2023 et 2024 est principalement portée par les entreprises les plus vertueuses, dont les délais diminuent de plus d’un jour une fois corrigés des effets sectoriels et de taille. À l’inverse, les 10 % d’entreprises présentant les délais les plus élevés ont vu leur situation se dégrader. Cette polarisation des comportements constitue une tendance structurante, observable dans la plupart des secteurs. 

En 2025, malgré une amélioration constatée à partir du second semestre 2025, les retards de paiement en France demeurent légèrement au-dessus de la moyenne européenne, s’établissant à 13,4 jours en fin d’année. Sur dix ans, les retards européens se situent globalement entre 13 et 15 jours, tandis que la France, historiquement plus vertueuse (autour de 12 jours jusqu’en 2023), a vu sa situation se détériorer sur les deux dernières années, avant de se redresser en fin d’année 2025. 

Nous constatons par ailleurs en 2025 une légère dégradation des délais de paiement sur le périmètre des dépenses de l’État, avec un délai moyen de paiement de 15,9 jours contre 14,1 jours en 2024, qui demeure cependant toujours en moyenne sous le seuil réglementaire de 30 jours. Dans le secteur public local, les délais de paiement demeurent globalement maîtrisés, avec une amélioration nationale à 19,3 jours, portée notamment par les performances des collectivités de France hexagonale, tandis que celles des Outre-mer restent en difficulté. La majorité des catégories de collectivités enregistrent une baisse de leurs délais, à l’exception des régions et communautés urbaines. À l’inverse, le secteur public hospitalier connaît une nouvelle dégradation préoccupante, avec des délais atteignant 71,3 jours au niveau national, bien au-dessus du plafond réglementaire. Cette forte augmentation touche notamment les établissements de taille intermédiaire et les Outre-mer, révélant des tensions structurelles de trésorerie. 

Au regard de ces constats, l’Observatoire des délais de paiement poursuit et intensifie ses travaux afin de lutter contre les retards de paiement. L’Observatoire s’attache à poursuivre et dynamiser son rôle de pourvoyeur de statistiques, d’analyses et de propositions contribuant à alimenter le débat public sur les comportements de paiement en France et en Europe. 

Le présent rapport met en lumière ces réalités contrastées, proposant une analyse factuelle des évolutions construisant sur les données robustes disponibles. Nous espérons qu’il contribuera à une mobilisation renforcée de tous les acteurs concernés, alors que les tendances révélées appellent à renforcer notre vigilance afin d’assurer des relations commerciales loyales et équilibrées.

Mise à jour le 24 Septembre 2026